Programme Averroès
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Siham Karim Photo DR
Bejaia (Algérie)
Master 2 en Sciences alimentaires
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« Un monde ouvert »
Marseille : plongée dans un monde inconnu. A la descente de l’avion, où est la gare ? Rapidement, j’ai pris mes repères. Je me suis débrouillée.
J’allais devoir me débrouiller toute seule, échapper à la dépendance de mes parents, faire mes preuves.
Est-ce que j’allais m’en sortir aussi dans mes études ? Quel était le niveau en France ? Un vrai défi : c’est ça qui m’a motivée. Avant l’expérience Averroès, j’étais si timide, il y a deux ans je n’aurais même pas osé venir vous parler. On me disait qu’avec cette timidité, je ne pouvais arriver à rien…
Chaque matin, c’était un bonheur de se lever, d’assister aux cours, de découvrir un monde nouveau. Un monde ouvert où se mêlent les cultures et les accents, où j’ai croisé brésiliens, anglais, italiens, tunisiens, français, moi qui n’étais jamais sortie d’Algérie !
Tout le monde veut partir en Europe ; ce n’était pas mon cas. J’avais juste envie de nouveauté. Aujourd’hui j’ai envie de retourner en France, pour ma thèse. J’y ai découvert beaucoup de liberté, et surtout j’ai pris confiance en moi. Je suis sortie de ma coquille.
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Aurélia Belkhiri Photo DR
Oran (Algérie)
Doctorat en sociologie
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« Il n’y a que des différences qui se ressemblent »
Doctorante en sociologie, j’ai la chance de bénéficier du programme Averroès. C’est à Oran que mes recherches ont débuté sur le thème du retour des retraités émigrés/immigrés algériens en terre natale. Il y a toujours quelque chose de l’affect dans le choix d’un objet de recherche et sans doute qu’en ce qui me concerne plus encore… Mon père avait dix ans lorsqu’il a quitté l’Algérie pour rejoindre la France en compagnie de ses parents et de ses huit frères et sœurs. J’ai le souvenir qu’il parlait très souvent du pays de son enfance avec nostalgie.
Je ne crois pas que le sentiment de l’exil puisse se donner en héritage pourtant, j’ai éprouvé la nécessité de retracer et comprendre une histoire qui est tout à la fois celle de ma famille et celle de nombreux algériens qui ont fait l’expérience d’un départ et d’une arrivée dont on ne revient vraiment jamais. (...)
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Ahmed Chakour Alami Photo DR
Rabat (Maroc)
Master 2 « Physique ou chimie appliquée des matériaux »
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« L’accueil que j’ai reçu »
L’expérience Averroès ? Très extraordinaire ! Très enrichissant du côté professionnel, mais aussi c’est tout un réseau d’amis que je me suis créé : étudiants, profs, chercheurs… Une aventure inoubliable.
A peine rentré, j’ai un entretien d’embauche : suite au stage que j’ai effectué à Suez Environnement, je dois rencontrer les recruteurs de Lydec* à Casablanca. Avec de bonnes perspectives d’embauche : c’est le recruteur de Suez Environnement qui m’a recommandé aux gens de Lydec.
L’accueil que j’ai reçu : c’est ce qui m’a le plus marqué. Les autres étudiants ne sont pas accueillis comme ça ! Le premier jour on est venu me chercher à la gare ; là, on me donne les clefs de mon appartement… Alors que pour la plupart de mes amis, ça a été la galère pour se loger. Ensuite j’ai été suivi tout le long par Elodie, et c’est très important : un Master 2, c’est pas facile, surtout quand on est loin de chez soi. Mais un mois après mon arrivée, je me sentais intégré. L’équipe Averroès, c’est comme ma famille maintenant !
* Lydec distribue l'eau et l'électricité et assure le service d'assainissement liquide à Casablanca et Mohammédia
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Iliasse El Badaoui, 26 ans Photo DR
Point de départ : Tétouan (Maroc)
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« Implanter les énergies renouvelables au Maghreb »
Un diplôme marocain / européen : de quoi être repéré au retour par les entreprises qui recrutent ! Projet de fin d’études ? Le marché des énergies renouvelables au Maghreb. Qui offre de très fortes perspectives pour les entreprises françaises ! Objectifs du Maroc : développer plus de 15% de l’énergie dans ce domaine. La Tunisie a déjà des partenariats avec des groupes français pour l’éolien et le photovoltaïque. Suite à mon travail, mon responsable pédagogique envisage de créer à Tanger une formation sur les énergies renouvelables…
Découvrir une autre culture : l’autre rive de la Méditerranée, c’était ce que je voulais. Me constituer un carnet d’adresses professionnel aussi, en France mais aussi en Algérie, au Maroc, en Tunisie. L’accueil de l’équipe Averroès : très chaleureux, accueilli à la gare, accompagné à ma chambre universitaire, tout est pris en charge, restauration, transports publics : rien à faire, sauf se consacrer à ses études !
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Amel Farhat, 25 ans Photo DR
Point de départ : Sousse (Tunisie)
Master 2 en actuariat / finances
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« Un autre monde »
Sur le départ, au milieu des bagages et des papiers : ça y est, ça se termine… Venir en France, voir de plus près ce pays qu’on ne connaît que par la télé, découvrir l’Europe, rencontrer des gens nouveaux : cette expérience, il me fallait la vivre.
C’est la première fois que je me retrouve responsable de moi-même. En Tunisie, j’habitais à 5 mn de l’université. Me voici loin de tout ça : seule et loin des parents, dans un autre pays, dans un autre monde. Ça apprend pas mal de choses… être ouvert aux gens, être plus sociable, rencontrer, discuter, découvrir, ne pas arrêter de découvrir : ça, c’est une chance.
Qu’est-ce que j’aimerais ajouter ? Une dédicace à tous mes amis ! Juste que c’était une belle expérience, belle et enrichissante, que je ne regretterai jamais.
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Mejdi Derbel, 22 ans Photo DR
Point de départ : Sfax (Tunisie)
3e année de licence en informatique industrielle.
Projet de fin d’études :
réaliser un site web pour l’Université Montpellier 1.
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« Découvrir cette France dont on parle tant »
L’expérience Averroès, des amis l’avaient vécu au 1er semestre : ils m’ont beaucoup parlé de l’UM2, de l’organisation, des méthodes pédagogiques : un bon niveau d’enseignement, beaucoup de rigueur…
Je suis aussi parti pour voir l’ambiance ! Vivre pleinement l’expérience, découvrir cette France dont on parle tant en Tunisie. Une expérience qui va enrichir énormément mon CV : quand je rentrerai en Tunisie, ça va augmenter mes chances de trouver un travail, mais aussi de décrocher un Master : c’est sur dossier.
Bilan ? Cool, impec ! J’ai rencontré des gens, lié de nouvelles connaissances, terminé mon travail dans les temps, et je pense que mon responsable est content de moi. Heureux.
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Lucie Lecherbonnier, 25 ans Photo DR
Point de départ : Montpellier
Doctorat en ethnologie
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« Cet autre regard… »
L’émergence du couple : c’est le sujet de ma thèse. Le titre ? « Nouvelles formes de conjugalité en Algérie ». En Algérie, le mariage d’amour est un phénomène récent : jusqu’ici, un mariage c’était surtout l’union de deux familles…
Trouver un financement en ethno ? C’est exceptionnel ! Jusque-là je me préparais à devoir trouver un boulot de caissière pour financer ma thèse. Le programme Averroès est arrivé juste à temps. Avoir une bourse, c’est vital. Ça donne le temps, sans quoi rien n’est possible : tout se joue sur la fréquence des rapports avec les gens. Les moments vécus ensemble, le partage : c’est comme ça que s’installe la confiance. Hébergée chez l’habitant, je me fais toute petite. Les échanges se nouent en faisant la cuisine, en lavant la vaisselle. Pas de sciences humaines sans patience !
Ces échanges sont très importants pour les deux côtés de la Méditerranée. Les algériens, qui sont en demande de rencontres, qui souffrent de l’image de leur pays, sont très valorisés de voir qu’il existe en France cet élan vers eux, cet autre regard, cette curiosité réciproque. Averroès peut changer beaucoup de choses entre la France et l’Algérie ! Surtout s’il rencontre le même succès qu’Erasmus.
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Photo DR
Philippe Bournot,
enseignant-chercheur
en mécanique des fluides
Point de départ : Marseille
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« Arroser en utilisant l’énergie du soleil »
L’eau ? Un problème planétaire. Entre France et Tunisie, nos étudiants travaillent sur la mise au point d’une pompe à eau fonctionnant à l’énergie solaire. Les jours de soleil, la pompe remplit le réservoir. Les jours de pluie, c’est inutile… Une solution concrète qui fait intervenir ingénieurs agronomes, étudiants en Masters d’énergétique et de mécanique des fluides, la Faculté des sciences de Monastir, l’institut agronomique de Sousse, l’écoles d’ingénieurs de Monastir et de Sousse. Autant de partenaires qui ont plus de contacts avec nous… qu’entre eux !
C’est souvent le cas : on développe des réseaux bien loin, et peu avec ses voisins. Nous créons un réseau semblable à Marseille : D’une rive à l’autre de la Méditerranée, nos projets se nourrissent en parallèle de leurs idées, de leurs avancées, de leurs découvertes respectives.
Les entreprises françaises s’installent en Tunisie : elles ont besoin de compétences sur place. Il faut former ces compétences, mettre en place des réseaux pour harmoniser nos modules de formation, les rendre identiques d’un établissement à l’autre.
Aider à la création d’un réseau intra-tunisien, avec la perspective d’étendre à tout le Maghreb et au-delà, à la sphère francophone : c’est notre objectif. Notre réseau est déjà actif dans la région du centre de la Tunisie. Averroès donne plus de temps et de moyens pour se rencontrer, mutualiser les idées, faire germer d’autres projets, tisser des liens différents. Beaucoup d’idées viennent du Sud !
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